Pour son anniversaire, Nathanaël avait reçu une smart box, sur une idée brillante de Jeanne… on avait tous participé, et j’avais choisi, mais absolument pas pour moi, un week-end vin pour deux personnes. Les autres choix ne convenaient pas à Nath, que je voyait mal exulter pour un saut en parachute. Et par contre un we vin avait le pouvoir de l’enthousiasmer!
L’air de rien, un jour il me dit : “on essaie de réserver notre we du 7 mars?”. Pourquoi le 7 mars? Pourquoi pile poil ce we? Je pourrais vous répondre “Je n’ai pas de séminaire c’est pratique”. Il aurait pu vous dire “Mes gars sont à l’agence je peux en profiter”. La raison est tout autre et beaucoup plus jolie. Il y a un an, le 7 mars 2009, nous avions passé une soirée géniale, alors que lui avait la crève et moi un rien de fatigue après une journée au Salon de l’Etudiant. Mais il a suffi d’un café pour tout faire basculer.
Alors le 7 mars, c’était un souvenir déjà doux, et un autre moment à deux, comme celui proposé par “la route des vins”, convenait au merveilleux de cette journée.
Et même, pour que ça dure le plus longtemps possible, on rallonge le we. Allez! Soyons fous! On part jeudi matin et on reviendra dimanche soir.
Par où passer pour ce voyage? Le choix est fait sur Paray le Monial le jeudi soir, où Nath a des souvenirs de camp jeunes, Langeac le vendredi soir, où sa marraine est dominicaine et le we réservé à la smartbox.
Nous avons eu de la chance: il a fait un temps magnifique! Sauf en arrivant dans la Drôme où le ciel était plus couvert (on a même eu de la neige!), mais sinon le soleil était de la partie.
Pour pouvoir dormir, le départ était prévu vers 10h le jeudi… avec un rien d’incrédulité quand nous avons claqué les portes de la voiture : ça y est, ce sont les vacances! 4 jours pour profiter de l’autre, pour se reposer, pour se couper du monde, pour visiter la France, pour boire! 4 jours à 2!
Même le voyage était mythique… En traversant le village de Cravant, nous avons laissé passer une classe d’enfants… pas un noir. Nous étions presque soulagés de voir que ça pouvait encore exister…
Comme ça roulait bien, nous nous sommes arrêtés à Vézelay pour le déjeuner. J’en avais gardé un bon souvenir, Nathanaël ne connaissait pas… peu de monde -un jeudi midi hors saison c’est peu surprenant- mais toujours aussi magnifique! Même de dos, cette basilique est splendide. Et quoi de plus romantique que de s’embrasser à côté des toilettes
Repartis exprès par les petites routes, pour profiter des paysages qui sont décidément paradisiaques… la Bourgogne est une région qui me rappelle Agen… Vallonnée, très vert, des jolies maisons de caractère… le rêve…
Arrivés à Paray le Monial un peu fatigués… la basilique malheureusement fermée… mais nous nous sommes baladés et nous avons quand même visité du lieu des apparitions… moi qui m’attendait à un gros truc impersonnel, c’est un fait un joli petit village plein de charmes…
Le lendemain, direction Langeac. Région toute aussi jolie que les précédentes, le monastère est au bord de l’Allier dans des mignons bâtiments à volets bleus… et les sœurs sont choupinettes en diable… Quand un petit jardin avec vue sur l’Allier vous tend les bras, que faire? S’y poser pour bouquiner au soleil !
On s’est dit qu’il fallait qu’on y retourne pour se poser plus longtemps… car nous sommes repartis le lendemain après le café, direction Albon, où nous attendais le gite de la Smart box…
C’est là qu’est le cœur du voyage. Le soir même, après un détour formidable perdus dans les collines, nous avons eu une dégustation de vin… 10 vins différents, sans avoir mangé, inutile de vous dire qu’on a piqué des bons fous rires, et que nous -surtout moi- étions bien gais! Nath était plus réservé, plus sage que moi en tous cas.
Sur le retour, un peu fatigués par le voyage de la journée, un peu saouls, contents de nous dire qu’un hôtel agréable nous attendait, nous ne parlions pas beaucoup. Et j’avais noté que Nathanaël avait les mains froides… lui qui est toujours bouillotte!
A l’hôtel, Nathanaël me dit “maintenant tu te laisses faire. C’est moi qui dirige la soirée”. Le temps d’une douche et me voilà installée dans une petite mezzanine de l’hôtel, un verre de St Joseph à la main, avec ordre de n’en pas bouger jusqu’à ce qu’il revienne… Moi qui avait déjà bien bu, ce verre était sur le point de m’achever. Mais en voyant arriver Nati en costard impeccable, j’ai très vite retrouvé mes esprits.
La suite va manquer de profondeur, d’intimité, de merveilleux, de poétique… cachée derrière des mots qui n’arrivent pas à transcrire ce moment unique.
Vite, comme s’il craignait que je lui coupe la parole, Nati me dit: “Tu m’écoutes? -oui, répondis-je dans un souffle- J’aimerais que ta famille devienne la mienne, que ma famille devienne la tienne et que nous en fondions une.”
Il s’est mis à genoux. C’est fou mais je ne me souviens même plus ce qu’il m’a dit après. Était-ce “Veux-tu m’épouser?” ou “Veux-tu devenir ma femme?”. Je ne m’en souviens plus… Peu importe d’ailleurs; j’ai répondu “oui”. Mille fois oui…
Et Nath de me dire, l’air de rien, comme si c’était prévu: “j’ai quelque chose pour toi”. Je tremblais comme une feuille en ouvrant le petit écrin rouge. Elle était là, brillante, telle qu’on en avait parlé si souvent tous les deux…
J’avais l’impression d’un rêve devenu réalité… et je me suis mise à pleurer.
Soirée magique, dîner calme et tout à notre tête à tête… Et une nuit comme j’aimerais qu’elles soient tous les soirs…
Le lendemain était consacré tout simplement à quelques visites de la région avant de reprendre la route… de s’arrêter à Beaune pour le déjeuner et visiter les hospices bien sûr et d’arriver vers 20h à Paris…
Ils ont presque l’air, par écrit, de se terminer en queue de poisson ces 4 jours. Mais ils étaient tout simplement magiques!
Ils sont à jamais dans ma mémoire.
C’est un des meilleurs moments de ma vie. Merci Nati de m’avoir offert ce moment et ta vie ce soir-là.









